Archive for the 'Inde du Nord' Category

Varanasi

C’est ma derniere ville en Inde, et c’est la cerise sur le gateau.
Je suis toujours avec Lauren depuis Agra.
On est arrivé au bord du Gange depuis deux minutes quand commence un pugilat en regle entre deux Indiens, avec arrachage d’une poignee entiere de barbe blanche, jetage dans le fleuve, cognage de tete contre coque de bateau.
Je n’avais presque pas vu de violence en Inde, ici c’est different.
C’est pourtant la ville la plus sacree de tout le pays.
Mise en bouche.
Le jour suivant, on verra encore pas mal d’Indiens se crier dessus.
Il fais très très chaud: ceci explique cela?

Sinon match de criquet au bord du Gange:
Baignade:

Lui je ne sais pas trop ce qu’il trafiquait…

Le reve de beaucoup d’indiens est d’être incinéré ici afin d’ avoir ses cendres dispersées dans le Gange.
Malheureusement ce n’est pas si poétique.

Certains attendent de mourir dans des hotels a proximite des buchers qui tournent 24/24h.

On paie son bois au kilo (il faut tant de kilo de bois pour bruler tant de kilo de chair).

Quand un malheureux a été pingre sur la quantité de bois nécessaire, on casse les cotes au bâton pour que ca brule plus vite.
Les locaux observent le spectacle le regard placide.
Une chevre broute les fleurs déposées sur un corps laisse sur le cote, personne ne bronche.
La plupart du temps la famille n’est même pas la.

Les seuls proches présents ce matin la se prenaient en photo avec le corps devant le bucher. Pour mettre dans le salon surement.
J’ai un peu de mal sur ce coup la.
Le mélange des cendres de differents corps est ensuite jete sur la rive par sac entier, comme on jette ses poubelles.
Un indien vient me demander si j’ai besoin d’explications (oui!), puis me propose shit, opium, space cake. Super.
Je m’attendais à de belles ceremonies avec des chants, danses et autres rituels, je suis ravi.

Maintenant je raconte ce que j’ai vu.
Certains vont s’extasier devant ces crémations, d’autres seront indifférents ou horrifiés.
Moi ce sera juste le désenchantement.

A la guest house on nous avait expliqué qu’il fallait rentrer avant 22h, la ville n’etant pas sure le soir. Blah blah, je n’écoute à chaque fois que d’une oreille.
Le soir venu, on se perd betement… et la c’est parti pour 45 minutes que je n’oublierai pas: je marche derriere Lauren, je me prend le regard des indiens qui la scrute comme de la viande, et ils ne plaisantent pas.
A trois reprises elle se faire caresser les fesses.
Dans la foule ca passe tout seul.
Femme occidentale seule en Inde, c’est parfois comme une punition.*
Asphyxie, grosse tension. Une circulation chaotique, des nuages d’encens, de poussière, d’echappements.
C’est vraiment intense.
On tente de se frayer un passage entre les roues des velos, on demande vainement notre chemin dans un vacarme de moteurs et de kaxons.
Il se dégage des rues une atmosphère indéfinissable.
C’est moite, c’est tout ce que tu veux.
Certains indiens on un grain de folie dans le regard.
Des pannes de courant plongent les rues dans le noir à intervalles réguliers.
On est chacun en Inde depuis plus d’un mois, on est rodés, mais ce soir la, c’est différent, c’est même sans comparaison.
On est pas loin de craquer quand on arrive enfin a la guest house.

Je m’assois, et les differents scenes defilent dans ma tete, un rire nerveux part tout seul.
C’etait vraiment comme un cauchemar en fait, de ceux ou tu te réveilles tout transpirant et haletant.
Avec le recul, j’en garderai un bon souvenir quand même.

Varanasi n’est pas que cauchemar et tension.
Loin de la.
Je pense juste que parfois il faut aussi parler de ce qui ne fait pas forcement le plus rêver dans ce type de voyage.

Le lendemain matin, virée sur le Gange en barque au lever du soleil avec Lauren et Yoan, suedois en vadrouille en Asie depuis…un an. Il a 21 ans. Normal quoi.
J’adore ces rencontres avec les voyageurs.
Des gens super sympas a chaque fois.

*Rien a voir, mais en lisant la presse locale, je suis tombe sur ce sondage:
82% des femmes indiennes auraient préféré être un homme.
Voila, ca m’evite d’ecrire des pages entieres sur la situation des femmes en Inde.

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Agra bis

Un bus de nuit de folie from Udaipur avec une bande de francais comme je les aime, et comme d’habitude un driver booste: j’ai du dormir 1h sur le cumul.

Overbooking version indienne:

Au retour de la pause diner dans le bus,
il y avait une indienne et son bebe dans ma couchette.
Je n’ai pas ete tres diplomatique pour les deloger.
Il faut dire que j’avais deja eu la meme surprise deux jours avant dans un autre bus.
Il faut pas exagerer non plus.

On m’annonce au guichet de la gare que le train pour Varanasi est full: je suis bloque a Agra pour 3 jours.
Agra, ca resonne juste comme ingrat.
C’etait parti pour etre assez ennuyeux car hormis le Taj que j’ai deja visite, l’endroit est mort. Les touristes n’y passent generalement pas la nuit.
Et pourtant, je rencontre Lauren, une americaine.

Only 22, mais elle voyage depuis 9 mois deja. Apres le trans-syberien, elle a traverse la Chine et le reste de l’Asie. Ca fait rever, elle me raconte tout, jongle entre la Bolivie, la Mongolie ou la Norvege.

Le soir en me couchant, je realise que mes 18 ans, c’etait il y a 6 ans deja.
Comme si il etait presque trop tard pour profiter. Je ne le regretterai jamais ce voyage.

Le lendemain, lecture, discussions avec Lauren.

Apres le diner, on se fait inviter a un mariage indien.On va voir la mariee (a droite en rouge) dans l’appartement, puis ils nous force a s’assoir pour manger le biryani, le tout filme par le cameraman pour les souvenirs!

Finalement, ces trois jours seront passes vite.

Udaipur

Il ne faut pas venir en Inde uniquement pour le Rajashtan, meme si la region est tres belle.
La boucle classique que je parcoure dans cet etat est simplement mangee par le tourisme.
On le ressent sur le comportement des Indiens envers les occidentaux.
Un certain manque de respect que je n’avais pas ressenti avant.
Apres l’Inde du Sud c’est un peu decevant.
La magie du gamin qui courre du bout de la rue juste pour savoir comment tu t’appelles, c’est fini.
Ici il courre, mais c’est juste te demander 10 roupies.
Je deviens donc plus crispe, ma tolerance pour la chaleur et la pollution s’amenuise tandis que le bruit des klaxons commence a me tendre serieusement les nerfs .
La balance entre le positif et le negatif n’est plus aussi equilibree.
C ‘est la que pas mal de gens doivent craquer et ecourter leur sejour, et je peux les comprendre.
J’en discute avec plusieurs voyageurs qui comme moi viennent du Sud, on tombe tous d’accord.

Donc today pas de photos carte postale!
Il suffit de taper Udaipur dans Google et vous trouverez probablement les memes que moi, avec un petit descriptif du City Palace.

En revanche petite parenthese:

Apres plus d’un mois en Inde, je n’ai plus vraiment les memes considerations concernant l’hygiene. Je porte le meme tshirt 4 jours de suite sans aucun complexe et oui, je n’ai toujours pas lave le short que je porte depuis mon arrivee.
Le regard des autres commence aussi a etre une preoccupation bien lointaine.
Chez le barbier j’ai donc demande la totale.

C’est laid, mais c’etait trop tentant.
Maintenant dans la rue, TOUS les indiens me surnomment « full moon ». Et ils ne lachent pas l’affaire. Ils sont marrant quand meme quand ils veulent.

Pushkar

Pushkar, c’est little Israel. (A tel point que pas mal d’indiens se sont mis a l’ hebreu, tres amusant le vendeur qui te sort un shalom)
Petite ville perdue dans desert, super detendue, avec la nature qui n’est pas loin.. de bons moments a se perdre dans les plantations de fleurs.
La ville est sacree: vegetalisme enerve, pas un oeuf ne traine dans les restos, alcool prohibe.
Les pelerins viennent faire leurs ablutions au bord du lac.
C’est beau, c’est interdit de prendre en photo. Le caillou dans la chausssure:
A cote du lac, je me fais sauter dessus par un faux pretre cherchant a m’extorquer des roupies, me pretextant un sombre « show respect to Khrisna ».
Il me fait les gros yeux et commence a devenir tres agressif, umm le respect, il devait en connaitre un rayon celui la je pense…
C’est le genre de moment qui tache toute la spiritualite et le plaisir que degage l’endroit.
Bientot un petit comparatif Nord/Sud a ce sujet.

Le lendemain, je me leve a 5h30, direction le haut d’une montagne pour le lever du soleil.
Arrive au sommet, un chien protegeant le temple la nuit commence a aboyer et a salement me montrer les crocs. Soudain ce con se jette sur moi, et me mord a la cuisse. Heureusement le maitre arrive juste a temps pour le faire lacher prise.
Bon je suis en vie, c’etait pas un rotweiller, je l’aurais senti differemment je pense.
Ah oui, sinon la vue est magnifique du sommet quand le soleil arrive.
L’Inde ca se merite. (bis)
Je ne l’ai pas raconte, mais a Mysore c’est une vache qui s’en etait prise a moi, me mettant un vilain coup de tete quand je suis passe a sa hauteur.
Pour le chien je ne suis pas traumatise, mais depuis l’episode de la vache, j’avoue meticuleusement les contourner a chaque fois que j’en croise dans la rue.

Jaipur

Que dire. Quand tu arrives a faire abstraction:
des rickshaws qui te harcelent demandent 35 fois si tu as besoin de leur service,
des mamans qui tentent de te prendre par les sentiments avec des biberons vides,
des escrocs en tout genre qui cherchent a te refourguer de faux bijoux,
de la chaleur, de la pollution,
alors tu tombes sur ce genre de scenes:
Ca se merite l’Inde.

Agra

I bring you the Taj.

Agra, c’est surtout le Taj Mahal. Forcement, il est superbe.
Du coup c’est pathetique, les gens se battent pour prendre cette photo.
On doit etre 4 millions a avoir la meme, mais c’est pas grave, on est content.
Les gens se battent vraiment pour avoir la bonne place, le bon reflet.
Sachant que je suis arrivé la à 6h30 du matin pour l’ouverture.

Celle la, c’est ce qui se passe quand il y a un touriste devant qui te casse les c**illes.

Allez, pour le fun, le Taj de derrière:

De tres loin:
Et en détail:

Delhi

Avion depuis Goa.
Delhi, c’est comme prevu, c’est comme chaque metropole en Inde: c’est le chaos!
Delhi, c’est a l’image de ces fils electriques, il ne faut pas chercher a comprendre comment ca marche, qui va ou, si il y a un sens..il faut juste en profiter pendant que ca marche.

Je passe donc du temps dans une mosquee construite pour accueillir 20000 fideles.

Muslim family, detendue mais pas trop.Seulement 13% de la population est musulmane en Inde, pourtant dans la rue je me sens parfois comme transporte au Maroc, c’est assez impressionnant.

Le « Allah ouakbar » du muezzin qui resonne dans tout Delhi a 17h.

Une apres midi differente, c’est sur.

Ici un marchand de klaxon.

Enjoy.